
Le ballon gastrique est une solution non chirurgicale et temporaire de prise en charge du surpoids et de l’obésité. Posé par voie endoscopique (ou avalé sous forme de capsule selon les modèles), il occupe partiellement l’estomac, accélère la satiété et facilite la réduction des portions. En Tunisie, il s’intègre dans un parcours encadré : sélection médicale rigoureuse, pose, suivi nutritionnel et retrait à l’échéance. L’objectif n’est pas un chiffre “magique” sur la balance, mais l’installation d’habitudes durables.
Le candidat type est une personne en surpoids ou obésité qui a déjà tenté des régimes sans stabiliser ses résultats, et qui souhaite une aide concrète à la portion sans recourir d’emblée à la chirurgie bariatrique.
En pratique, les centres retiennent souvent :
Le ballon agit d’abord par occupation de volume : l’estomac se remplit plus vite, la faim baisse, la vitesse des repas ralentit. Ce temps “protégé” (4, 6, 8 ou 12 mois selon le dispositif) sert de tuteur comportemental : on apprend à fractionner, à mastiquer, à déplacer l’hydratation hors des repas, à reconnaître la satiété plus tôt.
Le bénéfice attendu est une perte pondérale progressive (variable selon l’observance, l’activité, le sommeil) et, surtout, la consolidation d’habitudes qui limitent la reprise après le retrait.
Un ulcère non cicatrisé, une gastrite sévère, une hernie hiatale volumineuse ou des séquelles de chirurgie gastrique récente exposent à des complications (douleur, saignement, intolérance, migration). Dans ces cas, on traite d’abord la lésion (cicatrisation/endoscopie de contrôle) et on réévalue la faisabilité une fois le terrain stabilisé.
Les dysphagies et les anomalies de la motricité œsophagienne/gastrique augmentent le risque d’inconfort majeur, de reflux sévère ou de stase. Une évaluation spécialisée (manométrie, endoscopie) s’impose ; si l’anomalie est importante, le ballon gastrique n’est pas recommandé.
En cas de boulimie avec vomissements provoqués, d’hyperphagie compulsive ou d’accès incontrôlés, le ballon peut être inefficace, voire délétère (vomissements répétés, risque d’ulcération). La priorité est une prise en charge psycho-nutritionnelle et, si besoin, psychiatrique. Le ballon ne s’envisage qu’après stabilisation durable.
Le ballon est contre-indiqué durant la grossesse et l’allaitement. Le projet de pose se discute à distance (avant ou après), avec une fenêtre de suivi compatible et sans interférence avec la nutrition maternelle ou fœtale.
Certaines cardiopathies, pathologies respiratoires, allergies médicamenteuses, ou troubles hémostatiques non équilibrés rendent la sédation/pose risquée. On ajuste d’abord le traitement (bilan anesthésique, correction de la coagulation) ; si le risque résiduel reste élevé, on renonce au ballon.
Sans rendez-vous réguliers et sans engagement dans la rééducation nutritionnelle/activité physique, les bénéfices s’érodent et les risques augmentent (déshydratation, intolérance non traitée). On privilégie alors un programme de préparation (éducation alimentaire, agenda de suivi, organisation logistique) avant de valider l’indication.
Le parcours commence par une évaluation clinique : antécédents, traitements, IMC, comorbidités, bilan biologique utile, parfois endoscopie. On précise les objectifs raisonnables (perte pondérale, retentissement fonctionnel, préparation à une chirurgie), le type de ballon (durée, réglable ou non, endoscopique ou capsule), les effets attendus et les règles de sécurité.
Un engagement de suivi est formalisé (consultations nutritionnelles programmées, activité physique adaptée, supports de suivi). L’indication est confirmée si le trio motivation + sécurité + logistique de suivi est réuni.
La pose endoscopique (quand il ne s’agit pas d’un ballon-capsule) est courte et se fait sous sédation. Les 48–72 premières heures sont souvent les moins confortables (nausées, crampes, reflux possibles) ; elles sont anticipées et traitées.
Le reste du parcours est centré sur la rééducation alimentaire (petites portions, mastication lente, hydratation entre les repas), l’activité progressive, le sommeil et la gestion des déclencheurs (grignotage, boissons sucrées/gazeuses, prises rapides).
Le retrait suit le protocole du modèle (souvent endoscopique). La phase post-retrait est décisive : on maintient les routines construites pendant le port pour préserver la perte obtenue.
Les effets précoces les plus fréquents sont les nausées, vomissements, crampes et reflux, habituellement transitoires et bien contrôlés. Une intolérance peut conduire à un dégonflage ou à un retrait anticipé. Plus rarement, des complications (ulcération, déshydratation) nécessitent une prise en charge rapide.
La sélection des candidats, l’information claire, la prise en charge précoce des symptômes et le suivi rapproché réduisent nettement ces risques.
Le ballon gastrique convient à celles et ceux qui veulent une solution non chirurgicale, réversible, pour amorcer la perte de poids et ancrer des habitudes. La chirurgie (sleeve, bypass) s’adresse à des IMC plus élevés et à des profils nécessitant un levier métabolique plus puissant, avec un engagement sur un suivi prolongé et des supplémentations possibles. Les deux approches ne s’opposent pas : le ballon peut préparer une chirurgie ultérieure, ou au contraire éviter d’y recourir si les objectifs sont atteints.
Vous êtes probablement un bon candidat si vous présentez un IMC dans la zone d’indication, des tentatives antérieures sans stabilisation, une motivation claire à modifier vos habitudes, et la disponibilité pour un suivi nutritionnel pendant et après le port du ballon. Vous n’êtes pas un bon candidat en présence d’une contre-indication digestive ou anesthésique, d’un trouble alimentaire non stabilisé, d’une grossesse ou si vous ne pouvez pas assurer le suivi.